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Liberté d'expression: Oui, mais pas au Maroc!

Liberté d'expression: Oui, mais pas au Maroc!


Voilà qu'on se voit encore une fois dans un nouvel affrontement entre les laïcs et les islamistes au Maroc. Cette fois-ci, c'est Nabil Ayouch qui prend la tête avec son nouveau film « Much loved ». Un film qui a rapidement divisé la société marocaine. Si certains saluent l'audace et le réalisme du long-métrage du réalisateur des « Chevaux de Dieu » et « Ali Zaoua », d’autres pointent du doigt sa «vulgarité gratuite», voire sa légitimation de la prostitution.

Dès la diffusion d’un premier extrait, le film a suscité une vague de réactions mitigées au royaume chérifien. Il faut dire que ce drame franco-marocain traite un sujet extrêmement sensible mais quand même très réel dans la société marocaine. Il s'agit de la prostitution à Marrakech, à travers l’histoire de Noha, Randa, Soukaina, Hlima, quatre prostituées qui vivent d’amours tarifés dans la ville ocre.


Loubna Abidar, l’actrice principale de « Much loved », se défend...

Lors de son passage dans l’émission fi Kafas Al Itiham sur Med Radio, l’actrice Loubna Abidar s’est exprimée sur son rôle dans le nouveau film de Nabil Ayouch. L’actrice, qui campe le rôle principal d’une prostituée dans « Zine Li fik », a été interrogée par Redouane Ramdani sur la nature du personnage qu’elle joue sur un ton virulent. 

« C’est une prostituée que je joue, à l’image des nombreuses prostituées qui existent au Maroc », a expliqué Loubna Abidar. « Jouer le rôle d’une prostituée, c’est comme jouer celui de Rabiaa Al Adaouia ou celui d’une tueuse », s’est défendue l’actrice principale de « Zine Li fik » et de rajouter : « si je joue le rôle d’une tueuse, cela veut-il dire que je tue pour autant?. » ...

... Comme resultat Loubna Abidar affirme avoir été menacée de mort!

Loubna Abidar, qui tient le rôle principal dans le dernier film de Nabil Ayouch, Much loved, affirme avoir été menacée de mort. 

« Vous vous rendez compte ce que ça fait que quelqu’un appelle vos parents et leur dit que votre fille va mourir. Ce n’est qu’un film ! », a posté Loubna Abidar sur son compte Facebook officiel. L’actrice se dit étonnée que « des inconnus qui ont retrouvé le numéro de téléphone du domicile de ses parents les appellent pour les insulter ».

Depuis la publication des extraits du film de Nabil Ayouch, qui retrace le quotidien de quatre prostituées marrakchis, l’actrice Loubna Abidar est victime de harcèlement quotidien via les réseaux sociaux. Mais l’actrice ne semble pas découragée pour autant. Loubna Abidar clame sa fierté d’avoir joué dans un film réalisé par Nabil Ayouch:  

« Tout parcours professionnel est semé de problèmes et de difficultés. Sans cela, on n’aurait pas pu savourer le goût de la réussite ».

... Prudemment le travesti de Much loved explique pourquoi il a accepté ce rôle

Mohamed Amine Jadil, l’acteur qui joue le rôle du travesti dans le dernier film de Nabil Ayouch a expliqué à la caméra de ChoufTV pourquoi il a accepté ce rôle, pourtant difficile à assumer. 

« Lors des castings, avec Nabil Ayouch et Loubna Abidar, j’ai assisté aux témoignages de plusieurs prostituées et d’homosexuels »
« si j’étais journaliste j’aurais rapporté leurs souffrances et les aurais aidés, si j’étais responsable j’aurais fait remonter l’information aux autorités compétentes pour arranger la situation »
« mais puisque je ne peux rien faire, à part refléter la réalité de la société, c’est tout à fait normal que j’accepte ce rôle » 

Les réactions de la presse française ...


le Journal du dimanche

Nabil Ayouch « porte un regard plein de tendresse sur ses héroïnes, dont on se sent immédiatement solidaire. Une chronique engagée, sans langue de bois, qui ne dérape pas dans le voyeurisme, pleine d’humanité et de courage ».  

Le Parisien

« Les quatre jeunes actrices se révèlent absolument remarquables de naturel. Les personnages masculins, en revanche, en prennent pour leur grade, en particulier dans les scènes de sexe où ils sont parfois un peu trop ridiculisés ». 

le Figaro

« avec une crudité jamais gratuite, sans misérabilisme, Ayouch filme là où ça fait mal. La tchatche de Noha, party girl tour à tour rieuse et rageuse, fait des étincelles ».  

Télérama

« Much Loved est un film en tous points étonnant. Parce ce qu’il révèle un monde de fêtes orgiaques, certes cachées mais finalement banales pour les noctambules de Marrakech. La mélancolie et la loi du marché y dominent. En marge de ces activités tarifées, les héroïnes du film forment un petit groupe, comme une famille avec des disputes, des moments de tendresse ou de rire. Au cœur de cette famille, la dernière possible pour des exclues, Nabil Ayouch trouve une place fraternelle, complice, solidaire. Et réussit à parler de la prostitution autrement ». 

Libération

« un réquisitoire nuancé sur les conditions d’exercice de la prostitution telle qu’elle se pratique actuellement au Maroc, où la loi prohibitionniste pénalise d’abord les prostituées, stigmatisées socialement, victimes de violences physiques, d’abus verbaux, de racket et de viols dans les commissariats. Cette fougueuse radiographie du microcosme de la nuit marocaine ne verse jamais dans le voyeurisme sordide ou la leçon de morale dispensée en surplomb ». 

Metronews

« impossible de rester impavide devant sa mise en scène percutante qui, tout en témoignant de l’avilissement de la femme, la célèbre aussi. A l’image d’un dernier plan où, tel un jusqu’au-boutiste zélé, l’espoir devient la personnification du mari providentiel ».  

France TV

« Much Loved est un film engagé. Il (Nabil Ayouch) espère qu'en le voyant les autorités marocaines décideront d'aider ces prostituées à quitter leur condition. Il ne suffira sans doute pas (…) le film peine à trouver son ton et passe à côté de son but ».  

Neutralité de point de vue? Oui, mais encore une fois pas au Maroc!


... Nabil Benabdellah essaye de répondre: Oui... mais non! 

Je n'ai jamais vraiment bien compris la position de monsieur Nabil Benabdellah à propos des différents sujets politiques et sociaux au Maroc. L'hypocrite prend les vertus à louage, et les rejette lorsqu'elles ne lui ont pas profité. Après avoir d’abord affirmé son attachement à la liberté d’expression, il a critiqué la dernière réalisation de Nabil Ayouch. Pour le secrétaire général du PPS, le long-métrage du cinéaste marocain n’est pas « un travail créatif et artistique ». Le ministre de l’Habitat estime également: 

« Il y a des façons plus intelligentes pour traiter le sujet » de la prostitution et juge que Nabil Ayouch a cherché à voir son film interdit en salles.

... même le "super" Chabat a un avis sur le film de Nabil Ayouch ...

Le secrétaire général du parti de l’Istiqlal Hamid Chabat a qualifié le travail de Nabil Ayouch de « modernité tordue, folle et bête ».

« ce film porte atteinte à la patrie, à la religion et à tous les Marocains » 
« porte atteinte à la femme marocaine, celle qui a construit Al Qarawiyin et a éduqué des générations et des nationalistes fidèles. Nabil Ayouch devrait revenir à Dieu et renoncer à son travail » 

... Un rendez-vous à ne pas manquer pour les imams!

Un imam réagit violemment (Je ne comprendrai jamais la raison derrière cette violence) à «Much loved». Lorsqu’un imam entend parler d’un extrait de Much loved où Nouha demande à Randa si elle sait faire un huit avec son derrière, il n'est franchement pas content et le fait bien savoir lors d’une khutba à la mosquée. 

« Les écrans de la destruction n’en finissent pas d’augmenter », avertit l’imam. 
« Il y a deux jours, j’étais enfermé chez moi et j’ai entendu parler d’un réalisateur perdu et puéril en train d’argumenter ce qu’il a commis comme pêché en réalisant un film qui encourage à la débauche », nous raconte cet imam (on vous épargnera comment le film lui est tombé dessus alors qu’il était enfermé chez lui). Notre imam très remonté va jusqu’à qualifier Nabil Ayouch de « messager de Satan » et s’alarme du fait que ce réalisateur « présente la débauche comme étant du cinéma ».

... et vous Monsieur Mustapha El Khalfi! Pourquoi avez-vous décidé d’interdire la diffusion du film Much loved ?

Une équipe du Centre cinématographique marocain (CCM) a vu le film, au Maroc, avant sa projection au Festival de Cannes. Cette équipe s’est ensuite déplacée au Festival pour voir le film une deuxième fois afin de s’assurer qu’il n’était pas diffusable au Maroc. Cette interdiction s’explique car le long-métrage porte atteinte aux valeurs du Maroc et des Marocains, à l’image de la femme marocaine et enfin à l’image du pays.


... c'est une réalité belle et bien pressente dans la société marocaine. Pourquoi alors occulter cette vérité?

Il semble que pour monsier Mustapha El Khalfi le film n’a rien à voir avec l’art et la liberté d’expression, qui sont respectés au Maroc...

Notre devoir en tant que ministère est de défendre l’image du Maroc. 

... mais c'est quand même une vérité sociale marocaine quotidienne. Alors pourquoi interdire un film qui présente cette vérité au lieu de travailler vers une solution? Pourquoi ne par parler de nos vrais problèmes ouvertement et les montrer bien clairement aux Marocains pour qu'on puisse tous travailler sur des solutions? Sur les ondes d'Hit radio, une prostituée a fait un bref passage pour parler du film de Nabil Ayouch « Much loved », et a assuré que les extraits du film montrent la réalité vécue dans les milieux de prostitution.

La prostituée, qui aurait souhaité que ce film ne soit pas interdit, explique que les scènes de langage cru sont monnaie courante entre les prostituées et les taxis qui travaillent avec elles.


... plus qu'une vérité, c'est un grand problème sociale! et les chiffres chocs ...

Plusieurs portails d’information ont publiés les détails d’une enquête menée sous l’égide du ministère de la Santé en 2011 au sujet des travailleuses du sexe. Les chiffres qui en résultent sont pour le moins inquiétants. Dans les résultats de l’enquête, on apprend notamment qu’entre 15% et 25% déclarent ne pas avoir utilisé de préservatif avec leurs clients pendant les 30 derniers jours, entre 43% et 54% se protègent de manière occasionnelle. Les raisons énoncées par les prostituées sondées sont soit l’indisponibilité du préservatif ou le refus du client de l’utiliser.  


... une décision illégale contre le film «Much loved»...

Prise de position forte de la part de la chambre nationale des producteurs de films. Le bureau exécutif de cet organisme professionnel s’est fendu d’un communiqué qui taille en pièces la décision du ministre de la communication. L’organisme professionnel «s’étonne de la curieuse précipitation dans la prise de décision illégale contre le film Much loved».

« Illégale » car la chambre explique qu’une prise de « décision pareille relève d’une commission spéciale composée de représentants de l’administration et d’autres d’organismes professionnels [...] Et non pas d’une équipe du CCM qui a vu le film dans un festival ». Le bureau exécutif de la chambre qualifie également la décision de « non démocratique » parce qu’elle « contrevient à  liberté d’expression garantie par la constitution ».

Cette censure est décrite également comme « immorale » par l’organisme. Pour lui, cette décision:

«balaye d’un revers de main la politique de démocratie participative ouverte» qui « remet en cause l’indépendance juridique administrative et financière du CCM, normalement garantie par la loi, qui devient ainsi un département du ministère de la communication».

La chambre appelle l’ensemble des acteurs gouvernementaux et non-gouvernementaux à condamner cette décision. Il appelle finalement les professionnels à se mobiliser contre cette décision

«irresponsable immature qui sème la terreur dans les milieux cinématographiques ».

... et si c'est le cas alors... Allons-nous vers la mondialisation du Wahabisme a la "saudi Arabie" au Maroc? 

Voilà une histoire quotidienne dans la société saoudienne. Une histoire qui pourrait bien être le futur du Maroc si le gouvernement ne prends pas charge. À Hail, au nort-est de l’Arabie saoudite, une femme vêtue d’une burqa s’est vu refuser l’accès à un magasin dans un centre commercial car elle ne portait pas de gants. « Va-t-en. Ne dis rien. Va mettre des gants », lui lance un membre de la police religieuse. Une vidéo qui a suscité beaucoup de réactions sur le web. Certains utilisateurs de Youtube n’ont pas hésité à qualifier cet acte de « barbare » ou encore de « daechien ». Un acte qui pourrait bien devenir le futur du Maroc si les choses poursuivent ce chemin, car franchement parler, chaque jour on est témoins d´un Maroc plus extrémiste, la tenue wahhabite est devenu un quotidien dans les rues marocaines, chose impensable auparavant. [ voir video ]


... En fin ...

Ce que monsieur Mustapha El Khalfi et son gouvernement ne comprennent pas, c'est que le seul chemin pour améliorer le visage du Maroc est par celui de l’amélioration des libertés et par la démocratisation et modernisation de la société. Interdire la diffusion d'un film sur la cinématographie marocaine constitue un fort coup contre la liberté d’expression au Maroc. et c'est justement ce qui fait du Maroc un pays du troisième monde avec beaucoup de potentiel, mais qui ne décale malheureusement jamais. 

Le monde nous laisse claire que et si la fièvre continuait à monter, les autorités marocaines se trouveraient face à cette alternative :

  1. Céder à la pression de la rue et de la Toile, et refuser d’accorder le visa d’exploitation permettant au film d’être diffusé au Maroc.
  2. Refuser de céder à la vindicte populaire et prouver leur attachement déclaré à la liberté d’expression artistique.

De quel côté penchera la balance ? Les paris sont ouverts...

...mais malgré tout et même si le gouvernement marocain interdit la diffusion du film au cinéma, Internet est bien ouvert pour tout le monde. Alors à quoi sert cette interdiction? 

Avec son dernier long-métrage Much Loved, une chose est sûre: Nabil Ayouch fait parler de lui. Non seulement au Maroc où il soulève un tollé avant même sa sortie, mais aussi en France, suite à sa présentation à la quinzaine des réalisateurs à Cannes.

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