Hi.

Welcome to my blog. I document my adventures in travel, style, and food. Hope you have a nice stay!

La femme en inde: une «erreur» de la nature

New Delhi est indignée. Le viol et mutilation d’une fillette de 5 ans par un de ses voisins, un jeune homme âgé de 22 ans, a causé fureur et moult manifestations dans la capitale. Malgré l’arrestation du coupable le 20 Avril et l’état stable de la petite fille qui est pourtant toujours en convalescence, les manifestants n’ont pas hésité à descendre dans les rues de la capitale indienne afin de dénoncer l’inactivité et le désintérêt total des forces de l’ordre, étant toujours traumatisés par la mort en décembre dernier d’une étudiante ayant subi un viol collectif. Le médecin en chef de l'hôpital, D.K. Sharma, déclare que la fillette «est dans un état stable et elle montre ses signes d'amélioration. Elle est consciente et parle à ses parents, aux médecins et aux infirmières et on peut dire que ses jours ne sont plus en danger. Elle est sans doute trop jeune pour comprendre la gravité de son état».

La presse a confirmé que la petite fille avait été séquestrée par Manoj Kumar, voisin de la victime, pendant 40 heures, où il procéda à exécuter des atrocités indescriptibles sur l’innocente petite fille.

La mort d'une étudiante de 23 ans le 29 décembre après avoir été agressivement violée et battue par six hommes dans un autobus de la capitale est considéré l’élément qui a sonné le glas dans le pays.

La femme en inde: Mode d’emploi

La discrimination de la femme Indienne est loin d’être un mythe, Plusieurs éléments font en sorte que la condition précaire de la femme Indienne ne fasse qu’empirer, faisant de l’Inde l’un des quatre pays les plus dangereux pour une femme : L’infanticide des filles est très répandu, le mariage des mineures est une pratique courante et encouragée, forte concentration des meurtres liés à la dot…

Ajoutant à cela le fait que l’Inde compte plus d’hommes que de femmes : environ 940 femmes pour 1000 hommes, ce qui constitue une conséquence de la mauvaise conception de la femme au sein de cette société à tendance machiste et patriarcale, prônant des traditions sacralisant l’homme et réduisant la femme à une position simplifiée de «mère» ou «épouse», sans pour autant lui accorder le respect et la considération qui leur sont dus.

La femme ne se voit accorder que des tâches domestiques. Tout au long de l’enfance et de l’adolescence, l’obéissance aux adultes est obligatoire, et la formation pour devenir une future femme (selon les standards imposés par les traditions) est constante. Une fois épouse, il est hors de question de tourner le dos au mari ou d’y préférer sa propre famille à la sienne, la belle-famille étant une «patronne» dont les ordres doivent être accomplis au pied de la lettre.

L’autorité au sein de la famille ne s’acquiert qu’une fois la femme ayant atteint un age avancé.

La naissance d’une fille est un défi qu’aucune famille ne veut relever : elle coûte cher, doit être nourrie, on doit lui constituer une dot au cas où un mari se présente (notez que cette pratique est interdite par la loi du pays depuis 1961, mais les familles font la sourde oreille et perpétuent cette pratique quasi-religieuse avec fierté et détermination).

Inutile de citer les avantages que constitue avoir un fils pour une famille Hindou : perpétuation de la propriété, prise en charge des parents, une épouse lui vouant une dévotion conjugale dont la fidélité frôle le divin, atteignant l’immolation de l’épouse en cas de décès du mari.

Quelques chiffres du palmarès machiste

L’Unicef estime que l’Inde à elle seule constitue 40% des mariages forcés dans le monde, avec une moyenne de mariage de 70% des filles indiennes n’ayant pas atteint 18 ans. L’avortement de fœtus de sexe féminin s’élève à 500.000 chaque année, surtout dans les zones rurales.

Une petite fille entre 1 et 5 ans a 75% moins de chances de vivre qu’un garçon

Un million de filles disparaissent des registres tous les ans à cause de leur «faible rentabilité», la moitié étant avortées, alors que 500.000 ne survivent pas à la première année car elles sont soit tuées, soit abandonnées à leur sort, qui est en faite la mort.

Les familles hindoues riches et éduquées sont celles qui se débarrassent le plus de leurs filles pour laisser la place aux garçons afin de perpétuer leur notoriété et les assurer en tant que «gestionnaires fiables» de leurs biens dans un futur.

Un rapport du Ministère indien de la santé et de la famille en 2005 indique que le taux de mortalité infantile des filles est 61% plus élevé que celui des garçons. Le taux d’alphabétisation des femmes dans les milieux ruraux est de 46%, les filles se voyant obligées de travailler pour subvenir aux besoins de leurs familles dès un age précoce, et 25% des femmes se marient avant l’âge de 15 ans contre leur volonté.

Le taux de divorce, malgré sa faiblesse, se reflète négativement sur les séparations qui sont nombreuses. Les femmes craignent les tribunaux car leurs familles guettent toute «rébellion» de très près.

L’âge légal minimum pour le mariage de 18 ans n’est pas du tout respecté, et une moyenne annuelle de 2 millions de femmes disparues pour des raisons conjugales s’ajoute pour couronner le tout.


En 2011, 19,4% des femmes disparues en Inde étaient victimes de kidnappings


Une moyenne de 100.000 femmes meurent chaque années à la suite de brûlures dans des disputes conjugales, et l’immolation par le feu est l’une des principales causes de décès pour les femmes âgées de 15 à 24 ans. En 2012, 1 seul viol des 635 commis à New Delhi fût pénalement sanctionné.

Une vie sociale mouvementée

L’Inde est un pays de paradoxes et de contradictions. Malgré la condition déplorable de la femme au sein de cette société controversée, les Indiennes se font de plus en plus des places importantes au sein de la politique, et même si elles arrivent en partie à s’émanciper professionnellement, cela ne leur empêche pas de continuer à subir les méfaits d’une tradition archaïque qui les force à une soumission totale face aux violences quotidiennes.

Il faut quand même avouer que le statut de la femme s’est considérablement amélioré pendant ces dernières décennies car le pays fut dirigé par une femme de 2007 à 2012 : Il s’agit de la célèbre Présidente Pratibha Patil, considérée la 1ère femme à occuper ce poste depuis la création de la République indienne en 1950.

La société indienne reconnaît en effet de nombreux droits aux femmes, tels que l’engagement politique, le droit aux allocations familiales ou encore le droit de créer son entreprise, même si ce n’est pas le cas dans les régions rurales à cause de la pauvreté et le manque d’informations qui continuent de représenter frein l’indépendance et l’autonomisation de la gente féminine.

Depuis 1993, plus d’un million de femmes ont gagné le poste de chef de village grâce à un amendement dans la Constitution, et des milliers de femmes, de plus en plus éduquées, mènent un combat effréné dans les milieux universitaires, politiques, intellectuels et des affaires pour faire valoir leurs congénères et leur faire prendre conscience d’une place au sein de la vie sociale qui leur appartient de droit.

Et la loi dans tout ça ?

Même si la société est loin de suivre la constitution indienne au pied de la lettre, cette dernière reconnaît l’égalité des sexes depuis l’indépendance du pays, s’efforçant à établir des lois pour défendre la position de la femme.

Le code pénal punit d'un minimum de 20 ans de prison le viol collectif, avec de hautes probabilités de réclusion perpétuelle. En cas de décès de la victime, la peine de mort s’impose. Depuis le viol collectif de décembre, les femmes n’ont plus peur de porter plainte, laissant à part les standards et les préjugés sociaux qui leur ont longtemps imposé le silence.

Sur ce, un pourcentage de 148% des affaires de viol fut enregistré lors de la comparaison entre le 1er janvier et le 24 mars par rapport à l'an dernier, et une hausse de 600 % des affaires d'agressions sexuelles du 1er janvier au 3 avril.

Le Gouvernement planifie un durcissement de la législation afin d’accélérer les procédures judiciaires, jugées trop lentes et donnant lieu à un sentiment d’impunité aux agresseurs. Le Président de la Cour Suprême a déjà ordonné aux Juges de mettre en place des tribunaux spéciaux chargés d’instruire plus rapidement les crimes sexuels. «Des mesures devraient être prises pour créer immédiatement des tribunaux exclusivement chargés d’affaires de violences faites aux femmes pour une instruction accélérée», déclare le Président de la cour.

En 2006, une loi fut votée contre la violence faite sur les femmes mais elle fut seulement entrée en vigueur en octobre 2007

Le Gouvernement indien trouve des difficultés à faire appliquer ces lois. La Justice continue à être trop lente et les sanctions émises contre les agresseurs sont toujours estimées trop légères par rapport à la gravité des crimes commis à l’encontre des femmes.

Une histoire d'une burqa en questions

L’infidélité masculine: Les 8 compléments d’«objet» indirects