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Je suis noir, je suis un « azzi » mais je ne m'appelle pas Ebola

Le racisme est un fléau. Dans les pays maghrébins, au Maroc ou en Algérie, être noir peut être un problème.

« des milliers de subsahariens au Maroc dans la clandestinité, vivant de mendicité et s’adonnant au trafic de drogue et à la prostitution. Ils font l’objet de racisme et de xénophobie. Ils posent un problème sécuritaire et humain pour le pays. »

Du journalisme de caniveau qui dit toutefois le racisme qui existe au Maghreb et plus généralement chez les Arabes ; un racisme anti-Noir en totale contradiction avec l’islam. Le Prophètede l'islam a dit dans un hadith doit le sens est le suivant :

« O les hommes ! Celui que vous adorez est un, et votre père est un. Pas de supériorité d’un Arabe sur un non-Arabe, ni d’un non-Arabe sur un Arabe, ni d’un blanc sur un noir, ni d’un noir sur un blanc. La seule supériorité qui compte [auprès de Dieu] est celle de la piété. Ai-je transmis le message ? » (rapporté par Ahmad, n° 22 978, authentifié par al-Arna’ût : bas de page sur Zâd al-ma’âd, 5/158).

Rappelons que le premier muezzin, celui qui est, à la mosquée, en charge de l’appel à la prière, est le compagnon Bilal ibn Rabah al-Habashi. Il était d’origine éthiopienne, né en Abyssinie, l’actuel Éthiopie. Le racisme en islam n’est pas une opinion, c’est un délit. Mais bon! Ca fait bien longtemps que les maghrébins ne suivent plus leur religion.  

Le racisme va à tel point que le site algérien Chouf Chouf publiait une chronique intitulée « Dans la peau d’un noir en Algérie ». Extrait.

Un Noir avec une Blanche, couple improbable dans la rue algérienne. Regards en biais, phrases inaudibles, remarques étouffées dans la gorge, par ce racisme inassumé. L’égalité ? Quelle égalité quand la rue vous est, perversement, interdite ? Quelle égalité quand le pouvoir, tous les pouvoirs, ivres d’un jacobinisme hérité de l’adversaire d’hier, vous somment de retourner « chez vous », vos études universitaires terminées, grossissant ainsi les cohortes de chômeurs surdiplômés. Chez vous, comprendre, entre vous dans le Sud, jamais le mot « Noir » ne sera prononcé. Chez vous, aussi bien un lieu géographique, qu’un ensemble démographique. Chez vous, ce lieu qui m’est réservé, ainsi qu’aux « miens ». Lire : Dans la peau d’un Noir en Algérie.

On le devine, ce racisme est réciproque. Il est des Noirs qui n’entendent le « Naar » – terme qui désigne l’Arabe — que comme un ancien esclavagiste à qui ces derniers ne pardonnent rien. De même, il n’est pas rare d’entendre des Arabes appelaient un Noir « ‘abd » (esclave).

Aujourd'hui le racisme est bien compris comme une activité normal et bien accepter par la société dans le monde musulman. Kisito Ndour a essayer d'explique ce phénomène avec une lettre ou il nous raconte sa triste et douloureuse histoire. 


Kisito Ndour


Il n’est pas facile d’être Noir au Maroc, à fortiori en ces temps où sévit Ebola, ce virus qui tue, qui se transmet d’homme à homme. 

Loin de moi l’idée de généraliser et tous les Marocains ne se méfient pas de tous les Noirs qu’ils rencontrent en ce moment, mais des faits interpellent et des paroles aussi. Attardons-nous y un instant.

Il y a quelques jours, alors que je rentrais de mon travail, j’ai croisé un groupe d’enfants, certainement du primaire, qui rentraient de l’école. J’avais la tête ailleurs quand soudain, à l’unisson j’entends scander à mon endroit : « Ebola, Ebola ! ». Ébahi, je les toise du regard, avant d’esquisser un sourire loin d’être béat.

J’étais le virus Ebola aux yeux de ces enfants que la candeur peut éventuellement innocenter. L’unique réponse que je pouvais leur faire pour leur signifier que j’étais comme eux et pas non un virus, c’était ce sourire de façade. Mais en réalité, j’étais en train de bouillir en mon for intérieur, pensant au rôle complice des parents et autres tuteurs, qui n’ont pas su traduire et expliquer à leurs enfants, ces images macabres de corps qui défilent depuis quelques mois à la télé. Le bon sens aurait voulu qu’ils leurs disent que certes, Ebola est parti d’Afrique, qu’il y sévit mais aussi et surtout, que tous les Africains n’ont pas Ebola !

Mais passons ! Car, les enfants sont excusables, leur naïveté plaidant en leur faveur… Or qu’un tel comportement vienne de la part d’adultes, la pilule a du mal à passer. Voici pourquoi : une jeune fille africaine est dernièrement allée au hammam à Casablanca, mais alors qu’elle s’apprêtait à se doucher dans la salle commune avec les autres clientes marocaines, une d’entre elle a crié « Ebola ! ». Et quelle ne fut sa stupéfaction de constater que toutes les femmes se sont empressées de sortir de la salle, laissant pantoise la jeune fille, qui se sentait coupable d’être là, réduite à un virus qui sème la terreur sur son passage.

Un pareil comportement relève de la stupidité et se résume tout simplement à de la stigmatisation. Sinon, expliquez-moi les raisons d’une telle panique.

Je partage avec vous ces exemples pour que justement, on ne verse pas dans une stigmatisation teintée d’Ebola, parce que de tels comportements ne sont pas guidés par la peur du virus Ebola mais puent plutôt le racisme.

Je suis Noir et donc « azzi » aux yeux de nombreux Marocains, et quelle que soit la connotation péjorative que peut couvrir ce qualificatif, je l’assume parce que je le suis. Mais de grâce, ne m’appelez pas Ebola, je ne suis pas un virus, je suis un humain comme vous. Les Noirs ne sont pas des virus ni des pestiférées, ils sont vos alter ego. Ebola ou pas Ebola !

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